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Une pause salutaire

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Notre lien est différent depuis quelque temps. Après une période que je rapproche presque d’un sevrage, je suis aujourd’hui apaisée et sereine. Finalement, je trouve un rythme et une liberté d’esprit que je n’attendais pas et qui fait beaucoup de bien.

Les pauses dans notre type de relation ne sont pas des échecs provoqués par d’hypothétiques « fautes » commises. Ce sont simplement des instants de vie durant lesquelles nous aspirons à autre chose. Les accepter et les vivre pour ce qu’elles sont, des moments de repos, est tout aussi important que le lien en tant que tel. Ne plus être dans la dynamique qui fut la nôtre durant 4 ans n’est pas surprenant, encore moins catastrophique.

Le processus que je vis (et sans vraiment l’avoir voulu, que vit mon homme) est salutaire.

En premier lieu, j’ai pu enfin sortir du tourbillon émotionnel qui m’agitait depuis un long moment. Vivre simplement sans rien attendre, être simplement dans l’activité quotidienne sans plus aucune intensité me parait reposant. Si vous m’aviez posé la question il y a un mois, je vous aurais répondu que sans intensité, ma vie serait d’un ennui insupportable. Et même si j’ai souffert de l’ennui durant les premiers temps, je suis aujourd’hui plus dans un état de repos bienveillant. Je souffle, je respire et je me ressource.

Je suis plus calme au quotidien, même s’il est vrai que mes remarques envers lui sortent de façon beaucoup moins diplomatique qu’à l’habitude. Droit au but, affaire réglée dans la minute, histoire de retourner dans ma bulle de zen le plus rapidement possible. Je ne garde plus pour moi mes agacements, je les exprime dans l’instant et je pose des solutions immédiates. J’avoue, de façon fréquemment directive. Non, je ne suis pas passée de l’autre côté de la barrière en me découvrant dominatrice. Ce rôle ne m’intéresse pas plus aujourd’hui qu’il ne m’intéressait hier. Je suis simplement à la recherche d’efficacité. Plus de perte de temps, il me faut être efficace pour ne plus m’encombrer de problèmes, petits ou grands. Une sorte de ménage de printemps en plein hiver :-)

Je le vois souvent grimacer à mes remarques ou me lancer un regard qui, avant, m’aurait averti que je m’approche dangereusement d’une limite. Il s’agace également de ne plus avoir les clés pour me diriger ou me dominer. J’ai repris le trousseau et il l’accepte. C’est le propre de toute relation saine basée sur le consentement mutuel : je ne consens plus à me soumettre à lui, il ne va pas m’imposer sa domination. Même si je n’ai jamais eu aucun doute sur sa posture et son respect absolu de la relation, son attitude actuelle confirme qu’il est dans une relation à la domination saine et consensuelle. La preuve en est qu’il digère par moment assez mal mon recul et mon abandon peut-être temporaire du lien Maître / esclave, et pourtant il l’accepte tout en continuant à m’aimer. Quel est l’intérêt de maintenir une relation D/s si l’un des partenaires n’est plus en accord avec ça ? Aucun. Persister serait confondre « consentement » avec « violence »

Il a le fantasme de remettre en place notre lien, toujours dans l’objectif de m’avoir en tant qu’esclave à ses côtés. Je suis pour ma part assez éloignée de cette idée, avec très peu de vision de notre futur mis à part que, pour le moment, ce n’est pas celui qu’il imagine.

Il est vrai que sexuellement, nous n’arrivons pas à nous éloigner de nos pratiques SM et bondage. Il me domine sexuellement et je me soumets sexuellement. Notre plaisir est intense dans ces moments-là et il n’est pas rare que durant mes plaisirs et/ou douleurs, je l’appelle « Maître ». Mais tout s’arrête pour moi dès le lendemain et la reprise du quotidien. Peut-être sommes-nous (ou plutôt suis-je) sortis du 24/7 sans pour autant abandonner le lien D/s ? Je ne sais pas… Pour moi, et ce n’est que ma vision de la relation, je ne conçois pas une relation D/s de manière fractionnée (même si je sais que beaucoup le vivent ainsi, et le vivent parfaitement bien). Je serais incapable de fractionner, je préfère me dire qu’il s’agit pour nous que de simples pratiques sexuelles, pimentées au sado-maso et au bondage. Un jeu de rôle sexuel en quelque sorte.

Il n’empêche, si je suis parfaitement honnête envers moi-même, que ma libido a pris le même rythme que moi : plus calme, plus cocooning. Moins d’envies, moins d’intérêts, moins de désirs. C’est certainement ce point qui me dérange le plus mais j’ai pris la décision de ne rien forcer ni précipiter. Si même mon désir a décidé de prendre des vacances, alors laissons-le se reposer. Il ne reviendra que plus fort au printemps. J’ai parfaitement conscience que c’est difficile pour lui. Il se temporise, attend, espère. Son respect immense pour moi souligne son éthique et sa droiture. Il ne force pas, jamais, il accompagne.

Bien entendu, je ne vais pas maintenir cette situation éternellement, uniquement parce qu’elle me convient. Si elle ne lui convient plus du tout, je travaillerais sur moi pour avancer plus vite et sortir de cette phase de pause. Je l’interroge de temps en temps afin de savoir où il en est. Il me disait encore ce week-end que, pour le moment, cela lui convient. Il ne semble pas être dans un inconfort tel qu’il souffre de la situation, loin de là. Donc, même si la décision de stopper notre lien Maître / esclave fut pour le coup unilatérale, il trouve ses marques et un certain confort qui lui évite tous désordres émotionnels. S’il se mettait à souffrir de la situation, nous transformerions notre dynamique actuelle. Il m’a promis de m’avertir lorsque ce sera le cas, donc pour le moment, je me laisse aller à mon humeur calme, reposante, et surtout désinvestie de la relation.

Je suis également sortie de ma phase « mystique » (pour reprendre le mot d’un Maître qui me disait, avant de me rencontrer, qu’il craignait que je sois trop mystique pour lui :-) ). Après avoir navigué avec tant de délices dans une relation homme / femme presque parfaite, source de mille plaisirs et d’alignement, j’ai cru avoir trouvé une clé de compréhension du duo, de la parfaite complémentarité des énergies masculines et féminines. Je suis une exploratrice de la connaissance, quelle qu’elle soit : cartésienne, mystique, peu importe l’angle de recherche, pourvu qu’il ne soit jamais restrictif. Je suis autant curieuse de processus alchimique que de physique quantique, sans jamais prendre l’un ou l’autre comme des vérités vraies. Les preuves ne sont pas encore au rendez-vous, ce ne sont donc pour le moment que des ouvertures vers une connaissance que nous ne faisons qu’effleurer. Comme répondait un grand scientifique lorsqu’on lui a posé la question sur sa croyance en Dieu : « Je ne peux pas vous répondre. Il n’y a aucune preuve que Dieu existe, et il n’y a aucune preuve qu’il n’existe pas. J’attends que la recherche avance sur ce point avant de me prononcer ». Et bien, je suis comme ça. La spiritualité est une ouverture à quelque chose de plus grand que soi. Maintenant, de là à affirmer que les énergies, les Dieux ou autres définitions mystiques sont plus réels que la physique quantique ou autre, je ne saurais le dire. Les preuves ne sont pas encore au rendez-vous. Je reste donc ouverte à toutes sortes d’exploration.

C’est par ce phénomène assez atypique chez moi (une curiosité jamais assouvie) que nous nous sommes retrouvés un beau jour d’été dans la yourte d’un chaman, perdue au milieu de nulle part, à taper sur des tambours en hurlant comme des beaux diables. Si, si, on a fait ça :-) Petite parenthèse, ça fait un bien fou d’hurler à n’en plus finir. C’est un super exutoire, alors quand l’endroit s’y prête, il ne faut pas hésiter ;-)

J’aime me perdre dans mes certitudes, les confronter à d’autres réalités pour les confirmer ou les transformer en fonction de mes expériences, découvertes, connaissances. Je garde pour moi certaines croyances basées sur rien mis à part mon plaisir d’y croire, sans jamais les imposer comme des vérités à ceux qui n’ont pas les mêmes. Car, comme tout bon scientifique, qui serais-je pour affirmer une vérité si je ne peux la soumettre à des preuves incontestables, testables et reproductibles ? Non, ce ne sont que mes idées à moi, mes presque délires ou mes pensées qui me rassurent quand j’ai peur du noir. Mes doudous en quelque sorte, tout chauds et tout doux, qui me font du bien. Et peu importe si c’est vrai ou pas, c’est juste à moi. Peut-être est-ce pour cela que ce même Maître, après m’avoir dit qu’il craignait notre rencontre car il n’appréciait pas les mystiques, m’a dit que moi, ça allait car il n’en avait jamais rencontré des « comme moi ». J’avoue que j’ai pris plaisir à ce compliment, certainement parce que j’aime être quelqu’un de différent (mon petit travers narcissique à moi)

Je dévie du sujet là, non ? Pourquoi je vous parle de mon côté mystique ? Ah oui, c’est pour souligner que le côté femme sacrée, femme sauvage et duo homme / femme un rien mystique a été mis au repos comme tout le reste. J’ai exploré, j’ai questionné, j’ai cherché et je m’arrête là. Il y a un truc, c’est certain. Mais pour le moment, je ne cherche plus à mettre des mots ou des concepts sur un vécu particulier. C’était devenu un rien capillotracté. Si, je m’en rends compte même si vous, chers lecteurs, avaient toujours été très respectueux de mes croyances étranges et n’avaient jamais soulignés négativement mes délires sur ces pages. Je vous ai déjà dit que je vous adore ? Non ? Bon, alors voilà : je vous adore !

Je vais continuer à écrire sur ces pages, vous parler de l’avancée durant une pause et, si cela arrive, du moment de sa sortie. Car c’est cela également une vie de couple D/s : des moments de parfaite cohésion, et des moments de pause. Cela fait partie de l’histoire et je pense qu’il ne faut n’y en avoir peur ni les éviter à tout prix. Car c’est forcément salutaire, sinon, ça n’existerait pas.

Et je finis par le meilleur : je vous souhaite une très très belle année 2019 ! Je vous souhaite beaucoup de rêves et, pour paraphraser un grand homme, de l’énergie pour en réaliser quelques-uns. Le tout arrosé de plaisirs de toutes sortes, des petits du quotidien comme des immenses sous le fouet !

Amazone

Après 18 ans de vie commune dont 16 années de mariage "vanilles", nous nous sommes enfin autorisés à vivre nos envies, moi de soumission et Lui de Domination. J'ai d'abord été Sa soumise et nous entamons notre évolution vers la relation Maître/esclave (kajira dans mon cas). Notre parcours est riche, d'expériences mais aussi de doutes, d'interrogations et de découvertes. Ce blog est une marque de ma soumission envers Maître car ici, je lui offre mes pensées, de la même manière dont je lui offre mon corps : intégralement...

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2 Commentaires

  1. Galathee

    8 janvier 2019 à 10 h 36 min

    Chère Amazone,

    je suis moi-même en pause de relation D/s depuis 5mois bientôt.
    Au début ça m’a manqué et puis je me suis rendue compte que je pensais encore trop à mon ancien Maitre donc j’ai décidé de ne plus chercher. De toute façon j’ai toujours fini par être déçue de mes recherches…
    Je laisse le temps au temps et surtout je crois au hasard, au destin et à mon intuition (toujours très juste) que j’ai décidé d’écouter cette fois…je me reconstruis, je prends soin de moi et cette année 2019 sera mon année quoi qu’il se passe.

    Je te souhaite une bonne et heureuse année et tout tout plein de bonheur ainsi qu’une bonne santé aussi.
    Que tes vœux se réalisent.

    Bises,
    Galathee

    Répondre

  2. elerinna

    13 janvier 2019 à 14 h 14 min

    Je te souhaite de te ressourcer pendant cette pause ma belle, et de trouver ta voie, votre voie. Je ne puis également m’empêcher de souhaiter que tu retrouves ta place aux pieds de Maître, car je reste convaincue que vous êtes faits pour ça. Mais cela n’est que mon humble avis, et votre histoire tout comme vos choix vous appartiennent.
    Un grand merci aussi pour le clin d’œil à Maître, qui m’a bien fait rire ;-)
    Je t’embrasse très fort ma chérie et transmets s’il te plaît mes sincères salutations à Maître.
    Tendrement,
    élerinna, kajira d’Elendil

    Répondre

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