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Jeu de rôle Sado-maso

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J’aime être multiple, offrir tous les plaisirs à Maître. Rompue à l’art du jeu de rôle depuis des années (même si je ne joue plus depuis un long moment), je garde en moi ce plaisir de revêtir un  costume qui n’est pas le mien, uniquement dans le but de réveiller les sens de Maître et Lui permettre d’exercer tout Son art.

Il aime quand je suis parfaitement obéissante, soumise à Ses moindres désirs. Lorsque je me laisse uniquement portée par mon instinct profond, c’est ainsi que je me comporte lorsque le Maître a envie de prendre du plaisir avec Sa petite chose. Il lui suffit de lancer un ordre avec ce ton bien particulier du Maître pour que mon corps obéisse avant même que mon esprit ait eu le temps d’analyser Sa phrase. Obéir sans réfléchir, voilà bien un aspect de ma soumission qui me semblait inaccessible tellement mes pensées analysent en permanence tout se qui se passe autour de moi. Et pourtant, sans même que je m’en aperçoive, avec la subtilité de l’inattendue, voilà qu’obéir n’est plus une volonté mais un réflexe.

Mais je sais qu’Il aime autant la femme parfaitement soumise que la femme qui Le défie et qu’Il peut recadrer avec force. C’est donc pour Son seul plaisir (et très souvent le mien) que j’ai puisé dans mon esprit ludique et le jeu de rôle l’imagination nécessaire pour endosser des rôles qui, je le sais, vont réveiller chez Lui Ses plus hauts instincts.

Un des rôles qu’Il apprécie est celui de la femme se disant « dominatrice » qu’Il soumet et transforme en esclave docile et suppliante.  C’est ainsi que l’autre soir, réfléchissant à Son envie de séance et de fouet dont Il m’avait plusieurs fois parlé, mais qui n’était plus assouvie depuis plus de deux semaines du fait de notre vie trépidante et fatigante, que je me lançais dans un jeu de rôle qui promettait pour Lui tous les plaisirs et pour moi, à ne pas en douter, toutes les douleurs.

Me voilà donc sur le canapé à côté de Maître, revêtue pour l’occasion d’un pantalon en toile légère déjà bien usé. Rien de sexy du tout, mais parfaitement adapté pour un Maître qui adore déchirer les vêtement d’une dominatrice imprudente qui se présente à Lui sans se douter des risques qu’elle prend.

D’un ton que je veux assuré, je L’informe tout d’abord que ce pantalon que je porte arrive en bout de course et que sa dernière mission sera certainement de finir en lambeau. Il me regarde en souriant, notant avec plaisir l’information. Élevé dans un esprit d’économie, Il ne détruit jamais un vêtement encore utile. Je venais donc de Lui confirmer qu’avec ce pantalon, Il pouvait, s’Il le désirait, faire tout ce que Son plaisir Lui dictait.

Me voilà lancée dans la composition du rôle de la « dominatrice qui ne se rend pas compte du danger qui l’attend ».

Je Le regarde et Lui lance crânement :

- Je crois que j’ai compris que ma nature est celle d’une dominatrice. Et je pense que je pourrais t’offrir bien des plaisirs en tant que soumis.

Il s’étrangle à moitié, me regarde avec au fond des yeux une lueur où se mêle amusement et puissance du Maître. Je résiste à une impulsion forte de me jeter à Ses pieds et continue le jeu. Il a compris ce que je suis en train de faire et Sa réaction m’incite à continuer.

J’alterne avec des consignes que je Lui donnerai, Lui explique les plaisirs qu’Il ressentira sous ma domination, précise que ce ne sera pas facile, exigeant même, mais qu’Il vivra épanoui à mes pieds. Rien d’autre à faire que me suivre, me servir. Et en échange, je prendrai soin de Lui. Et un dernier avertissement : mes exigences seront grandes, tout autant que les plaisirs et l’épanouissement qui seront les siens.

Il m’écoute en riant parfois, concentré à d’autres. A la fin de ma tirade, Il murmure :

- Tu ferais une excellente dominatrice. Tu as de nombreuses idées intéressantes à ce sujet. Mais ta nature profonde est celle de l’esclave et la mienne celle du Maître. Par contre, je vais garder certaines de tes idées. Tu as de l’imagination…

Je retiens un sourire et me force à lancer la partie la plus piquante du jeu. Au fur et à mesure du temps, ce rôle de la « dominatrice » m’est de plus en plus difficile et je me rend compte que mes talents d’actrice pâtissent de mon profond alignement avec ma soumission. D’un ton que j’espère ferme, je lance la phrase qu’Il utilise souvent pour me signifier de me mettre à Sa disposition pour une séance :

- On va voir si ma nature n’est pas celle de la domination. Dans la chambre !

Il s’étrangle à nouveau et me fusille du regard. Ai-je été un peu trop loin dans le jeu ? L’avenir très proche qui m’attend me le confirmera rapidement…

Je pénètre dans Sa chambre, hésite un instant et me saisis de Sa cravache. L’objet me brûle les doigts et je maitrise un tremblement. Je n’ai pas le droit de toucher Ses instruments sans Son autorisation, autorisation qu’Il ne m’accorde uniquement pour me demander de les Lui chercher.

Droite devant la fenêtre qui diffuse la douce lumière de cette fin du jour, je L’observe pénétrer dans la chambre. Il se fixe en apercevant la cravache entre mes mains, ne prononce pas une parole et se retourne avec lenteur pour fermer le verrou . Je retiens un instant ma respiration, le corps tremblant.

Il s’approche de moi, se colle contre mon dos et me murmure :

- Tu vas comprendre ta nature profonde… Et qui je suis… Donne moi cette cravache.

Mon bras se tend comme mu par une vie propre et je retiens mon geste avec force de volonté. Trop facile, trop rapide comme réédition. Cela gâcherait Son plaisir de me recadrer de toute Sa puissance. Je connais Ses désirs et Sa joie profonde de me faire plier. Il faut juste que j’arrive à tenir mon rôle encore quelques instants…

Voyant que je me cramponne à la cravache, Il répète Son ordre d’un ton sec, le complétant avec celui de me mettre à genoux devant Lui. Oh misère, comment résister à ça ? Mon désir, que ce soit celui du corps ou de l’esprit est de Le suivre sans plus penser et me prosterner à Ses pieds.

Je ne bouge pas et après quelques secondes d’un silence lourd de menaces, Il saisit ma nuque et me jette sur le lit avec force. Me voilà pliée en deux, les bras retenant le haut de mon corps, le cul tendu vers Lui. Il déchire des deux mains mon pantalon et me fesse avec force. Je me débats, tente de me relever et Sa main plaque ma tête contre le lit.

Ses gestes sont rapides, puissants, calculés. La bête est réveillée et elle jouis de cette proie qu’elle compte bien dévorer morceau par morceau.

La douleur est vive, intense. Ce n’est en rien une fessée érotique ou un échauffement pour préparer ma peau. C’est une correction sévère.

Il s’arrête enfin et m’ordonne de ne pas bouger. J’obéis, incapable de jouer encore mon rôle de « dominatrice ». Je suis à Ses ordres, mon esprit uniquement focalisé sur ce qu’Il demande et veut. Il s’éloigne quelques secondes et revient avec une fine corde blanche à l’aide de laquelle Il me lit les poignées. Puis, d’un geste brusque et douloureux, Il me saisit par la nuque, me redresse, me fait contourner le lit et me jette à nouveau sur le matelas. Cette fois, j’attérie de tout mon long, le souffle coupé.

Il se place près de ma tête, la soulève en me tirant par les cheveux et me montre le collier fin en cuir muni d’un anneau.

- Tu vois ce collier ? C’est le tien, c’est ton collier de chienne, ton collier d’esclave !

Il le ferme autour de mon cou et me précise :

- Tu m’appartiens, totalement. Tu es à moi, uniquement là pour me servir. Et je vais te le rappeler !

Il ne joue pas, moi non plus. Il se dirige vers mes pieds et attache solidement mes chevilles. Je deviens nerveuse, l’exposition de la plante de mes pieds me fait craindre des supplices que j’ai grand mal à supporter. Mais Il ne s’intéresse pas à cette partie de mon corps.

La lanière mord ma peau, encore et encore. Il me fouette sans retenir Son bras et la douleur explose avec puissance. Je résiste avec peine, la tête enfouie dans le matelas pour étouffer mes gémissements.

Il me fouette longuement, s’interrompt le temps de me détacher et me positionner dans l’autre sens. Une chaine vient me lier aux barreaux de la tête du lit et le bandeau recouvre mes yeux.  Il reprend la flagellation, alternant entre la lanière, la cravache, la badine. La douleur ne se transforme pas, elle reste à ce niveau presque insupportable, à cette frontière du rouge qui me ferait craquer. Je la contiens, je roule par moment sur le côté pour apaiser les morsures avec la caresse légère des draps et me repositionne à chaque fois si rapidement qu’Il n’a pas le temps de m’ordonner de reprendre ma place.

Il n’a pas annoncé un nombre de coups, je ne sais pas combien de temps durera cette correction. Et même si mon corps se crispe, se tord, gémit et supplie, mon esprit, lui, est calme, apaisé, heureux. Car je sens Son énergie, Son plaisir de s’abreuver de sa puissance de Maître,  Sa jouissance de vivre pleinement Son plaisir sadique. Et ma joie d’être celle qui le Lui permet…

Il s’arrête enfin. J’ai l’impression qu’il fait 50 degrés dans la pièce, je suis en sueur, brûlante. Il se penche vers moi et me murmure :

- Quelle est ta couleur ?

Je réfléchis un instant et répond ;

- Presque jaune Maître.

Il rit doucement, Il a traduit ma phrase « jaune, presque rouge ». Ah comme il est difficile de donner la véritable couleur, de peur d’interrompre les plaisirs en cours !

Il reprend la lanière et alterne les coups puissants et les coups légers. C’est plus supportable et je me laisse enfin partir vers mon plaisir masochiste. La douleur se transforme, s’étire et s’adoucit pour n’être que vibrations d’apaisement et de douceur piquante. Mes gémissements se font gémissement de bien-être, je pars avec lenteur dans ce monde qui me ressource tant : celui où je vole et où rien d’autre n’existe que Lui et moi…

Il ne me laisse pas partir en subspace, me rattrapant à chaque fois pas un coup puissant qui m’arrache un cri. Il me maintient à la frontière de la seule pointe de Sa lanière. C’est à la fois terriblement bon et terriblement douloureux.

La flagellation s’interrompt et Il me détache. Il m’ordonne de me mettre à genoux et se place devant moi. Durant un long moment, je Lui donne du plaisir avec ma bouche, savourant chacun de Ses gémissements de plaisir.  Il m’offre l’Hitachi et m’ordonne de me faire jouir tout en continuant à le sucer. Mes propres cris de plaisir étouffés renforcent le Sien et Il me laisse exploser dans un orgasme puissant.

Il m’éloigne alors de Sa queue en tirant légèrement sur mes cheveux et m’ordonne à nouveau la position à genoux. Il se lève et se tient debout à côté du lit.

- Les mains derrière la tête !

Je croise les mains sur l’arrière de ma tête et attends. Je sens la canne  épaisse en bambou  se poser sur le haut de mon dos.

- Redresse-toi !

J’obéis, attentive à bien étirer ma colonne vertébrale dans une légère cambrure.

- Bien…

La canne en bambou s’abat sur le haut de mes cuisses. La douleur explose à nouveau et je concentre toute la force de mon esprit pour uniquement maintenir la position. C’est difficile, cet endroit du corps, surtout dans cette position, rend les coups difficiles et je me manque par deux fois de m’effondrer. Je tiens et j’en retire une immense fierté. Heureusement, cette flagellation ne dure pas longtemps.

- Pour finir ma belle, et parce que tu es allée un peu trop loin dans ton jeu, ce sera 20 coups.

J’en étais sûre ! J’avais eu un doute lorsque je Lui avais lancé de rejoindre la chambre d’un ton ferme. Ou est-ce mon audace de mettre saisie de Sa cravache ? Il faudra que j’ajuste ma façon de faire… Jouer au jeu de rôle SM n’est pas sans risque.

Je serre les dents, sachant très bien que quand Il annonce un nombre précis de coups, c’est qu’ils vont être intenses. L’annonce de ma peine me permet de tenir, sachant à quel moment elle va s’arrêter. Il suffit de compter et se concentrer sur la fin annoncée… Un seul inconvénient à cette façon de faire : le dernier coup est toujours lancé à pleine puissance. Maître adore ce final haut en couleurs.

Il choisit la langue de dragon, qu’Il sait difficile et cruellement mordante pour moi. Il m’aide en comptant Lui-même le nombre de coups, me laissant l’opportunité de me concentrer uniquement sur la gestion de la douleur. Le vingtième coup me fait vaciller et soupirer de soulagement. C’est finit…

Il me caresse avec douceur puis me baise avec force, m’offrant un second orgasme qui ne se finit plus. Je jouis intensément, de tout mon corps et de toute mon âme. Je ne vole plus, je danse dans un océan de plaisir.

Juste avant que je sombre dans un sommeil doux et chaud, Il me murmure doucement :

- Je suis fière de toi, de ta façon de tenir aussi bien sous la douleur. Je t’aime petite chose…

Ah qu’il est bon de Lui appartenir… Quelle paix intérieure, quel apaisement…

Je Vous aime, Maître, intensément….

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Un commentaire

  1. elerinna

    17 juin 2018 à 13 h 35 min

    Quel magnifique article, quelle séance, quel défi !!! Et comme je comprends cette envie, pour Lui, pour toi, de défier, jouer, pousser, et en même temps ce besoin irrépressible d’obéir et de capituler. Juste magnifique, autant que la réaction et la prise de pouvoir de Maître, et Ses mots, si justes, pour te rappeler Sa nature et la tienne.

    Merci ma belle pour ce récit qui embellit ma journée !

    Tendrement,

    élerinna, kajira d’Elendil

    Répondre

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