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Red zone

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guerrière

Tout ce qui est écrit dans cet article et les suivants est réel… sauf ce que ne l’est pas.

Connaissez-vous cette zone rouge, celles de tous les dangers, de toutes les douleurs et de tous les supplices ? Celle qui atomise la moindre particule de l’être qui ose y entrer, celle qui ne laisse derrière elle que cendres et renouveau ? Cette red zone, dont l’odeur est le souffre, dont le bruit est celui de la douleur, dont les gémissements sont ceux de la supplication. Cette zone dans laquelle rien ne résiste, ni la bienséance, ni l’éducation, ni les freins moraux qui nous retiennent, nous bloquent, nous contraignent dans la vie ordinaire.

Pour y pénétrer, vous devez être avertis : cette zone est le royaume de la peur, de la souffrance et de la noirceur. Et celle de tous les possibles. Peu, très peu osent y pénétrer… Et les rares inconscients qui le font se contentent d’un pas incertain avant de faire demi-tour et se réfugier dans la zone grise, celle du sens moral et de la normalité.

Elle, femme ordinaire aux yeux de beaucoup, un brin délurée aux yeux de certains, douce et serviable même pour ceux qui l’ont côtoyée dans ces moments hors du temps où son être profond émerge tranquillement, ne s’est pas contentée d’y poser un pas : elle est née dans la zone rouge…

Elle s’y vautre depuis sa plus tendre enfance. Elle la craint pour en avoir exploré les zones les plus putrides, elle s’en délecte pour en avoir savouré les plus sombres douleurs.

 Ils ignorent qui elle est, ils ignorent la guerrière habillée de rouge qui se dresse dans cette zone infâme pour beaucoup et qu’elle aime pour en connaitre tous les pouvoirs.

Vous la voyez à genoux ou se soumettant, jouissant sous les coups de fouet et criant son plaisir lorsqu’elle se fait baiser comme la salope qu’elle est. Et vous ignorez qu’elle le fait en restant toujours debout dans cette zone, attendant que quelqu’un ose en franchir les frontières et l’affronte.

Ne vous trompez pas, réfléchissez bien avant d’aller la chercher. Car elle est rompue aux combats, elle connait les douleurs, elle connait la peur. Peu, très peu, seraient capables de la mettre à genoux lorsqu’elle se présente sous son véritable jour : en guerrière Amazone.

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La pâle lueur du soleil hivernal éclaire à peine la chambre lorsqu’elle ouvre les yeux ce matin-là. La nuit fut douce et elle en est presque surprise. À côté d’elle, son compagnon dort encore. Elle écoute un instant sa respiration profonde et se tend brusquement. Une puissance prend possession d’elle et elle la laisse envahir chacune de ses cellules. Elle se voit soumise et esclave aux pieds de cet homme qui vit avec elle, elle repense à cet autre Maître aux pieds duquel elle s’est agenouillée il y a des mois de ça. Et elle se tend… Qui sont-ils pour qu’elle se jette ainsi à leurs pieds ? Qui est-elle pour en tirer du plaisir ? Et ces hommes, méritent-ils sa soumission ? Après tout, qu’avaient-ils fait pour qu’elle accepte de se mettre ainsi à leur service ? Qui sont-ils pour qu’elle rêve qu’ils la baisent, l’utilisent comme un objet, pour qu’ils profitent d’elle pour leurs seuls plaisirs ?

Toutes ces pensées finissent par réveiller en elle une humeur de chien. La respiration de son compagnon l’énerve, cette chambre l’énerve, ce lit l’énerve. Elle se lève d’un geste brusque, s’habille rapidement et rejoint la cuisine pour boire son café matinal.

La boisson chaude accompagnée d’une cigarette ne la calme pas. Elle a envie de défier la terre entière, elle a envie de défier tous ces Maîtres qui prétendent la soumettre. Oh comme elle aimerait se dresser face à eux, les fixer du regard et les voir baisser les yeux face à sa puissance !

Elle rit en silence de ces pensées. Car non, ce qu’elle voudrait c’est qu’ils franchissent la frontière de la red zone, qu’ils la rejoignent, là, sur son terrain, et qu’ils la mettent à terre, pauvre esclave gémissante et suppliante.

Mais ils ne le pourront pas… Ils n’oseront pas…

Parce qu’elle est une guerrière, qu’elle sait comment les gérer, les manipuler, afin qu’ils restent derrière la ligne rouge. Quoi de plus facile que de leur donner ce qu’ils veulent ? Comme ils sont prévisibles… Donnez-leur le sentiment qu’ils sont dominants et ils vous laissent faire d’eux ce que vous voulez. Y a-t-il en ce monde un homme capable de tenir tête à une guerrière ?

Car c’est ce qu’elle est, une guerrière. Elle n’est pas fière de cela, elle ne s’en vante pas. Car ce statut, elle ne l’a pas voulu. On l’a dressé à ça dès l’instant où elle a poussé son premier cri. La red zone a été sa maison, sa tanière, son monde.

Avant même de savoir lire et écrire, elle savait décrypter le non verbal, les émotions, les tensions du corps des autres humains. Elle entendait au-delà des mots, elle détectait ce changement subtil de respiration, cette rougeur presque invisible, ce regard, qui annonçaient un danger. Elle savait avant même que cela se produise la violence qui allait s’abattre sur elle. Et elle a appris à s’en défendre. Elle a appris les gestes, les phrases, les attitudes qui la rendaient invisible ou qui étaient capables de faire changer le comportement de l’autre.

Avant même de savoir lire et écrire, elle savait manipuler pour se protéger de la douleur. Son apprentissage fut au-delà de la dureté. Car chaque erreur de sa part était punie avec violence. Elle n’a pas eu le choix d’apprendre, elle n’a pas eu le choix d’être une guerrière.

Adulte, elle a transformé ce que beaucoup appellent un don en force. Elle est empathique, elle sent les émotions, elle analyse l’autre à une vitesse stupéfiante. De l’instinct de l’enfance, elle est passée à un savoir-faire professionnel.

Lentement et avec détermination, elle a peaufiné son art. D’année en année, elle a étudié le comportement humain. Elle en a appris les moindres déviances, les moindres évidences. Elle a affuté ses perceptions, affiné son écoute, approfondi ses techniques. Si quelqu’un connaissait son parcours, il en conclurait qu’elle est mentaliste. Peut-être, le nom de son art n’a aucune importance. La seule chose qui importe est les capacités qu’elle possède.

Elle sait influencer, pousser les humaines à changer d’opinion, subtilement, sans que quiconque ne le remarque. Elle est calme, rassurante et agit dans l’invisible… Et ils finissent par la suivre, par lui obéir.

Elle aurait pu utiliser tout ça pour diffuser la noirceur, elle a choisi de diffuser la lumière : harmonie dans les groupes, humanité, acceptation des différences. Elle aurait pu choisir l’ombre, mais elle ne l’a pas fait.

Elle est puissante, elle le sait, elle le voit. Et elle le cache. Ce qu’elle déteste le plus ? Qu’on lui pose des questions sur son travail. Lorsqu’ils savent, ils sont curieux, certains mal à l’aise. Parfois ils la testent, lui demandant de décrire leur profil de personnalité. Comme ils le feraient avec un magicien qu’ils rencontreraient. Une manière de voir un tour surprenant, à l’instar d’un numéro de cirque. Et pour se rassurer sur le fait que tout ceci n’est que fantasmes, qu’elle exagère et que personne ne peut maitriser l’humain comme elle semble le prétendre.

Savent-ils ce qu’ils lui demandent ? Savent-ils que si elle répond à leur question, ils lui donneront l’accès à leurs pensées, à leurs failles, à leurs doutes, à leurs peurs ? Savent-ils que si elle leur répond, elle saura ce qui les fait souffrir, ce qui les perturbe, ce qui peut les faire succomber à la manipulation ? Savent-ils le pouvoir qu’ils lui donneront sur eux ?

Elle refuse la plupart du temps de répondre à leurs questions. Parce qu’elle ne veut pas être en capacité d’utiliser son art sur eux. Parfois, elle manque de vigilance et elle répond. Et possède alors les clés de leurs âmes… Elle a choisi la lumière, elle ne les utilisera pas. Ils ne savent pas à quel point elle pourrait en profiter…

Son café est froid, sa cigarette depuis longtemps éteinte dans le cendrier. Elle se demande comment elle répondrait la prochaine fois qu’on l’interroge sur son métier. Et soudain, elle sait. La réponse qu’elle fera sera transparente, limpide, dépourvue de tous artifices. Comment réagiraient ces Maîtres si elle répondait à cette question de cette façon ?

Elle sourit en les imaginant surpris, choqués ou simplement interloqués. Ils seront nombreux à en conclure que finalement elle n’est pas si soumise que cela. D’autres y verraient un défi et y répondraient. Mais ils ignoreront à qui ils répondraient… Car pour la remettre à sa place, pour qu’ils conservent leur statut de Maître, ils devront pénétrer dans la zone rouge… et affronter une amazone.

Elle soupire en s’allumant une seconde cigarette. Que ferait-elle réellement ? Peut-être qu’elle resterait simplement sage, leur laissant leur plaisir de Maîtres. Après tout, elle y prend du plaisir également : elle esclave, eux Maîtres.

Elle se sert un deuxième café en songeant à celui qui vit avec elle. Il est Maître, il la soumet, il la domine. Mais que deviendrait-il s’il était obligé de pénétrer dans la zone rouge ?

La porte de la cuisine s’ouvre pour laisser entrer son compagnon. Il  l’embrasse et va se servir un café. Elle observe son corps droit, son regard dominateur, ses gestes assurés. Est-il capable de pénétrer dans la zone rouge ? Comment réagirait-il ? Reculerait-il ? Resterait-il sagement derrière la frontière, se contentant des miettes de soumission qu’elle lui permet de savourer de temps en temps ?

Elle l’imagine tour à tour vainqueur et vaincu. Elle sait ce qu’il devra faire s’il affronte une amazone. Il n’aura pas en face de lui la femme amoureuse qui tend son cul pour son plaisir, ni la pute en quête de jouissance, encore moins l’esclave docile. Il aura en face de lui cette guerrière puissante, qui connait chaque recoin de la douleur et de la peur. Il faudra qu’il soit plus puissant qu’elle… En serait-il capable ? Ou fera-t-il un pas en arrière à sa première larme, à sa première supplique ?

Il faut qu’elle sache. Elle doit savoir à qui elle offre tous les jours sa soumission. Elle doit avoir la réponse à cette question : qui d’elle ou de lui sortira vainqueur de la zone rouge ?

Elle prend alors une décision qu’elle sait à haut risque : elle va le défier durant toute la journée. Le provoquer, l’envouter, le faire bander. Et lui montrer qui elle est. Elle va défier le Maître, puissance contre puissance, tête relevée et provocations sur les lèvres. Elle va le faire pénétrer dans la zone rouge…

Et c’est ce qu’elle s’est employée à faire durant toute la journée… jusqu’à réveiller une bête dont elle ne soupçonnait pas l’existence…

Qui d’elle ou de lui sortira vainqueur de cet ultime face à face ? Elle ne doute pas de sa capacité à le faire plier… et lui non plus. Ils viennent de pénétrer dans la zone rouge…

Et à l’issue de cette nuit, l’un des deux dominera définitivement l’autre…

 

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